LA CLEF DE GAÏA à CASABLANCA

LA CLEF DE GAÏA à CASABLANCA

CULTURE

Entretien avec Lina Lamara

«“La Clef de Gaya” est un spectacle où je fais le récit de la vie d’une grand-mère immigrée»

 ,LE MATIN

 

 02 Avril 2017
 
Entretien avec Lina Lamara - Culture - Le MatinLina Lamara. Ph. kriss Logan

La chanteuse et comédienne Lina Lamara a présenté récemment à Casablanca un conte musical sur les origines et la transmission, «La Clef de Gaya». L’auteure et compositrice de la pièce théâtrale nous parle de ce récit qui raconte des fragments de son passé et de ses souvenirs. Elle nous raconte aussi son expérience artistique avec Noureddine Ayouch.

  

Le Matin : Qui est Lina Lamara ?
Lina Lamara : Je suis comédienne, chanteuse d’origine algérienne, italienne, perse, berbère et née à Lyon. Je vis à Paris, dans le 11e.

Vous avez présenté la pièce «La clef de Gaïa» au Festival international du théâtre de Casablanca. Parlez-nous de ce spectacle ?
Oui ! Nous avons présenté «La Clef de Gaïa» devant une salle comble et un public fantastique. C’était merveilleux.
C’est un spectacle où je fais le récit de la vie d’une grand-mère immigrée, ses échanges, la transmission avec sa petite-fille française. On suit les deux personnages et leurs histoires, dans leurs petites tracasseries rigolotes du quotidien pour se diriger doucement vers le cœur d’un secret gardé dans la famille.

Comment est né ce spectacle ?
Après avoir écrit mes premières chansons, j’ai eu envie de les réunir dans une œuvre qui toucherait au théâtre, au concert et au conte à la fois. Je 
souhaitais retrouver l’ambiance des soirées en famille où chacun raconte son histoire. Quand on est enfant, on ne peut pas réaliser que c’est une chance d’entendre ces histoires et de partager ces instants simples. Nos sociétés et notre rapport au temps nous éloignent toujours un peu plus de ces moments authentiques et si importants. «Le temps de prendre le temps» : je voulais que «La Clef de Gaïa» donne ce temps-là.

Est-ce autobiographique ?
Plus ou moins oui. Tout ce qui me concerne l’est. Après, certaines parties liées à la vie de la famille sont romancées, raccourcies, déplacées pour le bon rythme de la pièce.

La musique est très présente dans cette pièce, pourquoi ce choix ?
La musique fait partie de ma vie, c’était évident de rendre ce même rapport dans la pièce, avec Pierre Delaup à la guitare. Ensuite, cela permet aussi au public d’avoir un espace pour lui, la musique devient alors passerelle entre ce qui se passe sur le plateau et chaque personne du public. Et puis la musique vient ici exprimer ce qu’on ne dit pas, qu’il s’agisse de mon personnage ou celui de ma Mouima.

Dans ce spectacle, on trouve des personnages différents, plusieurs cultures… comment avez-vous fait pour réussir ce mélange ?
Je ne sais pas. Peut-être parce que je suis moi-même «un mélange». Plus sérieusement, vous avez raison, on retrouve un panel large de femmes, je pense notamment aux filles du Hammam, l’essentiel était de donner le plus d’angles de vue possible dans ce cadre. Je pense que la direction d’acteur de Cristos Mitropoulos a aussi permis que tout se passe avec une grande fluidité.

Vous avez joué dans le premier moyen métrage de Noureddine Ayouch. Parlez-nous de cette expérience ?
La rencontre avec Noureddine Ayouch fait partie de ces cadeaux de la vie auxquels on ne s’attend pas. Il m’a confié le premier rôle de son premier moyen métrage et ce fut une expérience géniale ! Nous avons tourné sur Casablanca en janvier. J’ai rencontré des personnes de grand talent et au cœur de géant ! 
Noureddine Ayouch s’est révélé être un réalisateur d’une grande bienveillance et qui sait ce qu’il veut. J’avais très peur de ne pas être à la hauteur ou de ne pas trouver le bon «Groove» de mon personnage, mais tout a été un régal. J’ai eu la chance d’être entourée de grands comédiens, comme Nadia Niazi, Ismael Qanater, Sonia Okacha et Marc Samuel.

Quels sont vos projets ?
Je repars en tournée en France avant de retourner au Festival d’Avignon cet été. Je suis en écriture de deux nouveaux projets de spectacle et d’un court métrage. Et là tout de suite, je vais préparer des beignets de fleurs de courgette ! 

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